Chaque année, plusieurs milliers de cyclistes sont victimes d’accidents de la route en France. Selon la Sécurité routière, le port du casque réduit de près de 70 % le risque de traumatisme crânien. Pourtant, il n’est obligatoire que pour les enfants de moins de 12 ans. Face à la hausse du nombre de cyclistes urbains, notamment avec le développement du vélo à assistance électrique, la question d’une généralisation du casque refait surface.
Le constat est implacable. Le bilan de la sécurité routière 2025, présenté en ce mois de février 2026 par Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, met en lumière une stagnation inquiétante du nombre de victimes sur les routes françaises. Avec 3 513 décès enregistrés sur l’ensemble du territoire, dont 3 260 en France métropolitaine, la mortalité routière a augmenté de 2,1 % par rapport à l’année précédente. Un chiffre qui, hors période Covid, reste désespérément stable depuis une décennie.
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Les casques de vélo : une protection limitée contre les impacts obliques ?
Les chiffres traduisent également une évolution des pratiques de mobilité. L’essor du vélo et des mobilités douces, s’il est une bonne nouvelle pour l’environnement, s’accompagne d’une hausse des accidents impliquant ces nouveaux usagers. En 2025, les cyclistes et utilisateurs de trottinettes ont représenté une part croissante des blessés graves, confirmant la nécessité d’une meilleure cohabitation sur la route.
Le casque de vélo n’est pas qu’un accessoire. Bien au contraire. c’est un véritable équipement de protection individuelle. En cas de chute, il absorbe une partie du choc et peut faire la différence entre une simple frayeur et un drame. Les associations de prévention routière rappellent que la tête est la zone la plus vulnérable lors d’un accident.
Les opposants à l’obligation du casque invoquent la liberté de choix et craignent que cette mesure décourage la pratique du vélo, pourtant bénéfique pour la santé et l’environnement. Ils estiment qu’il vaut mieux investir dans des infrastructures cyclables sécurisées plutôt que d’imposer de nouvelles contraintes.
Mais pour les partisans du port du casque, la sécurité doit primer. Porter un casque, c’est un acte de responsabilité personnelle et collective. C’est aussi un signal fort envoyé aux plus jeunes : celui d’une pratique du vélo plus sûre et plus consciente des risques.
Derrière le débat politique, il y a une réalité très simple. Un accident peut survenir à tout moment, même sur une piste cyclable. Alors oui, le casque reste aujourd’hui l’une des seules protections efficaces pour éviter le pire. Sans être un remède miracle, il constitue une barrière essentielle entre la tête et le bitume. Et je sais de quoi je parle.
Rendre le casque obligatoire ne doit pas être perçu comme une contrainte, mais comme une mesure de bon sens. La sécurité routière n’est pas une question de liberté, mais de responsabilité partagée entre cyclistes, automobilistes et pouvoirs publics.