La Vélo Gourmande : cyclotourisme et oenotourisme entre Mâconnais et Beaujolais


La Vélo Gourmande : cyclotourisme et oenotourisme entre Mâconnais et Beaujolais

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Article N°29315

La Vélo Gourmande : cyclotourisme et oenotourisme entre Mâconnais et Beaujolais

On dirait que la route a mis sa plus belle nappe : un ruban clair entre les vignes, des ombres de feuilles qui tremblent, et, au loin, un clocher qui semble donner l’heure aux gourmands. La Vélo Gourmande, c’est ce moment rare où l’on pédale doucement pour mieux entendre les verres tinter, et où le paysage, très poli, fait semblant de ne pas se faire admirer.

ll y a des événements qui arrivent en fanfare. La Vélo Gourmande se profile en roue libre, avec une élégance discrète. Pour sa 8e édition, elle revient les 13 et 14 juin 2026, et l’on sent déjà, dans l’air, une agitation légère. Des casques qu’on ajuste comme des chapeaux de cérémonie, des sonnettes qui s’exercent à la politesse, et des paniers qui espèrent secrètement être utiles.

30 km de douceur vigneronne

Le parcours, lui, ne fait pas de grands discours. Seulement 30 km tout en nuances, à travers l’extrême sud du Mâconnais et les crus du nord Beaujolais. Ici, la pente n’est jamais brutale.Elle a plutôt l’air de vous proposer un petit effort, comme on propose une seconde part. Et le vélo, soudain, devient un instrument d’observation. On remarque la poussière dorée sur les chemins, la géométrie des rangs de vignes, et ce chien qui vous regarde passer comme si vous étiez en retard à un rendez-vous important.

On traverse des places de villages où les bancs semblent avoir été installés pour applaudir les cyclistes. Une fontaine fait son numéro, un rideau bouge derrière une fenêtre, et l’on devine qu’un habitant commente la scène à voix basse, comme au cinéma. Entre deux coups de pédale, surgissent des châteaux qui jouent les silhouettes, des terrasses de vignes qui s’étagent avec application, et des chemins bordés de murets où la lumière s’assoit un instant.

Quand le temps ralentit dans les caves

Puis viennent les fameuses caves. Ces lieux où le temps marche plus lentement que nous. Dans une fraîcheur de pierre, on écoute les histoires de vinification comme on écouterait une vieille chanson… avec respect, et un sourire qui arrive sans prévenir. Les trésors gastronomiques locaux, eux, ont le sens inné du timing. Ils apparaissent au bon moment, quand la faim commence à faire du bruit dans le ventre, et que les conversations deviennent soudain très philosophiques sur la meilleure façon de déguster une spécialité.

[VIDÉO]
Entre mâconais et côte chalonnaise

Deux points de croisement donnent au voyage un air de rendez-vous : Saint-Amour-Bellevue et Chénas. On s’y retrouve, on s’y perd un peu, on s’y reconnaît à la trace de poussière sur les mollets et à la joie très sérieuse de ceux qui ont « juste » pris une petite côte. Les groupes se recomposent comme des scènes. Un ami qui attend, un autre qui photographie un cep comme s’il posait, et quelqu’un qui demande, très sincèrement, si le vent est « de face des deux côtés ».

Entre rouge et blanc : deux rubans de fête

Deux points de croisement donnent au voyage un air de rendez-vous : Saint-Amour-Bellevue et Chénas. On s’y retrouve, on s’y perd un peu, on s’y reconnaît à la trace de poussière sur les mollets et à la joie très sérieuse de ceux qui ont « juste » pris une petite côte. Les groupes se recomposent comme des scènes. Un ami qui attend, un autre qui photographie un cep comme s’il posait, et quelqu’un qui demande, très sincèrement, si le vent est « de face des deux côtés ».

Entre rouge et blanc : deux rubans de fête

Il y a, dit-on, une route des rouges et une route des blancs, comme deux rubans de fête qu’on choisirait selon l’humeur. Les vins rouges ont parfois ce ton de conversation chaleureuse, un peu rieur ; les vins blancs, eux, font scintiller les phrases, et donnent aux pauses un air de terrasse en plein midi. Mais le plus drôle, dans l’histoire, c’est que tout le monde finit par parler la même langue. Celle des petites découvertes, des « oh, ça ! » et des « vous avez goûté celui-là ? » qui circulent plus vite que les vélos.

Au fil des kilomètres, le cyclotourisme devient une chorégraphie douce. On freine pour laisser passer un tracteur, on repart en s’excusant auprès d’un papillon, on s’arrête parce qu’un panorama a décidé d’être magnifique. La Vélo Gourmande, dans ce coin de Sud Bourgogne, ressemble à une comédie sans méchant à savoir que chacun y joue son rôle. Le gourmand appliqué, l’épicurien distrait, le sportif qui fait semblant de ne pas regarder la table et le paysage, lui, applaudit en silence. Ainsi va la vie et le temps…


Henry Salamone FRANCE SECRÈTE À VÉLO

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