Enquête : Pourquoi les femmes font-elles moins de vélo que les hommes ?


Enquête : Pourquoi les femmes font-elles moins de vélo que les hommes ?

Article
Accueil France Secrète à Vélo
 
| France Secrète à Vélo | ACTUALITÉ | FILIÈRE VÉLO  Vu 41324 fois
Article N°29061

Enquête : Pourquoi les femmes font-elles moins de vélo que les hommes ?

En France, la pratique du vélo reste marquée par une forte inégalité entre les sexes. Selon une enquête de 2023, 11 % des femmes adultes déclarent ne pas savoir faire du vélo et 38 % estiment avoir une faible maîtrise, contre respectivement 5 % et 23 % des hommes. De plus, seules 25 % des femmes en font au moins une fois par semaine, contre 38 % des hommes. Ces chiffres révèlent un écart persistant dans la pratique du vélo en France, qui s’explique par une combinaison de facteurs culturels, sociaux, économiques et urbanistiques.


L’apprentissage du vélo reste souvent influencé par des stéréotypes de genre. Les garçons sont plus fréquemment encouragés à pratiquer des activités physiques en extérieur, tandis que les filles sont parfois orientées vers des loisirs perçus comme plus « calmes » ou « domestiques ». Cette différence d’encouragement dès l’enfance explique en partie pourquoi les femmes sont plus nombreuses à ne pas savoir faire du vélo ou à se sentir moins à l’aise sur deux roues.

Le sentiment d’insécurité sur la route

La sécurité à vélo constitue un frein majeur pour les femmes. Les études montrent qu’elles se sentent plus vulnérables face à la circulation automobile, au manque d’aménagements cyclables sécurisés et à l’agressivité de certains conducteurs. Sans omettre le harcèlement de rue et les comportements sexistes sur la voie publique qui renforcent inévitablement ce sentiment d’insécurité. Ainsi, beaucoup de femmes renoncent à utiliser le vélo pour leurs déplacements quotidiens, surtout en milieu urbain.

Autre constat significatif, les femmes assument encore une part importante des tâches domestiques et familiales, ce qui influence leurs choix de mobilité. Transporter des enfants, faire les courses ou combiner plusieurs trajets dans la journée rend l’usage du vélo plus complexe sans infrastructures adaptées. Le manque de solutions pratiques et de services de mobilité inclusive limite donc leur recours au vélo.

Dans les médias, (on ne parle pas de réseaux sociaux) la publicité ou même les politiques publiques, le cycliste-type reste bien souvent masculin. Cette sous-représentation des femmes dans l’univers du vélo contribue donc à entretenir l’idée que cette activité est avant tout masculine. Pourtant, des initiatives locales et associatives cherchent par tous les moyens à valoriser la femme cycliste, à travers des ateliers d’apprentissage, des événements dédiés ou des campagnes de communication inclusives.

Alors, des leviers pour encourager la pratique féminine du vélo existent-ils ?

Selon des spécialistes,  « pour réduire ces inégalités, plusieurs leviers peuvent être activés. A commencer par développer des infrastructures cyclables sécurisées et continues. […] Autres pistes évoquées  : Proposer des cours de vélo pour adultes, notamment pour les femmes n’ayant pas appris enfant, adapter les politiques de mobilité aux besoins spécifiques des femmes ou bien encore encourager les entreprises et collectivités à soutenir la mobilité douce pour tous les genres. »

Dans son analyse, David Sayagh, sociologue à l’université Paris-Saclay et membre du CIAMS (Corps, sport, genre et rapports de pouvoir), met en lumière les mécanismes sociaux et culturels qui expliquent pourquoi les femmes pratiquent moins le vélo que les hommes. Ses travaux, issus notamment de sa thèse sur les socialisations cyclistes durant l’adolescence, montrent que cette inégalité n’est pas naturelle, mais socialement construite.

Selon lui, « la pratique du vélo s’inscrit dans un processus de socialisation différenciée entre filles et garçons. » Il souligne également que « le rapport au corps joue un rôle central […] Le vélo, activité physique visible et parfois perçue comme transgressive pour les femmes, entre en tension avec certaines normes de féminité encore présentes dans la société. » Le regard social, la peur du jugement ou du harcèlement dans l’espace public contribuent à limiter la liberté de mouvement des femmes cyclistes.

Ce n’est que notre avis

« L’écart entre les femmes et les hommes dans la pratique du vélo en France ne relève pas d’un simple choix individuel, mais d’un ensemble de facteurs structurels et culturels. Favoriser une mobilité cyclable inclusive passe par une meilleure éducation, des infrastructures adaptées et une représentation plus équilibrée. Promouvoir le vélo pour les femmes est non seulement un enjeu d’égalité, mais aussi un levier essentiel pour une transition écologique et sociale réussie. »


Henry Salamone FRANCE SECRÈTE À VÉLO

Lien :?

  • 0
    • j'aime
    • Qui aime ça ? »
  • 0
    • je n'aime pas
    • Qui n'aime pas ça ? »
  •  
 

Réagissez, commentez !

  • Aucun commentaire pour l'instant
rechercher un article, une vidéo...