Acteurs locaux-France - VAE : le petit moteur qui fait tourner les grandes économies locales


Acteurs locaux-France - VAE : le petit moteur qui fait tourner les grandes économies locales

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Acteurs locaux-France - VAE : le petit moteur qui fait tourner les grandes économies locales

Et si le vélo à assistance électrique était en train de transformer le tourisme à vélo en première filière de tourisme durable en France ? La question a le mérite d'être posée d'autant que la démocratisation du vélo à assistance électrique en est le catalyseur majeur. En effet, environ un tiers des voyageurs à vélo utilisent aujourd'hui un VAE, jusqu'à 50 % des locations chez certains opérateurs. L'enquête de la rédaction. 


Pendant longtemps, on a vu le vélo à assistance électrique comme un vélo inventé pour les autres. Pour les moins sportifs. Pour les plus âgés. Aujourd'hui, les territoires ont compris que c'est précisément pour ça qu'il devenu un vrai levier économique. Les chiffres parlent d'eux-même. En 2026, le tourisme à vélo pèse 5 milliards d'euros de retombées directes et 33 800 emplois non délocalisables, soit une hausse de 46% en dix ans. Et le VAE apparaît comme étant au cœur de la bascule.

Pour France Vélo Tourisme, un cyclotouriste sur trois roule en VAE, jusqu'à 50% des locations chez certains opérateurs en 2025. Et autre constat majeur, c'est un changement de sociologie. En effet, au regard des statistiques 12,2% de VAE chez les 60-69 ans contre 2,3% chez les 20-29 ans, des familles, des néo-pratiquants. Résultat, 68€ dépensés par jour contre 55€ pour un touriste classique, une saison étalée jusqu'en novembre, des nuitées en petites unités.

Le VAE a amené une nouvelle clientèle seniors et femmes, selon l'étude de marché Cycling France. En PACA, la part de VAE parmi les touristes atteint 12,2 % chez les 60-69 ans et 70 ans et +, contre 2,3 % chez les 20-29 ans. Autres catégories, celles des familles et des néo-pratiquants peu enclin à l'effort physique. Près d'un cyclotouriste sur trois a recours au VAE, élargissant ainsi la pratique à des publics moins sportifs. « Cela a remis le pied à l'étrier à une clientèle qui ne se sentait pas capable » observe Le Vélo Voyageur.

On note aussi au cours de cette enquête, que les urbains sont à la recherche de slow tourisme. Ils ou elles sont attiré(e)s par un nouveau mode de vacances. Et selon IPSOS Digital, 71 % des propriétaires de VAE pratiquent déjà le cyclotourisme. Et les effets économiques de cette clientèle se répercutent sur des séjours plus longs, un étalement saisonnier (29 % pratique à l'automne, 15 % en hiver), des dépenses supérieures en hébergement de charme, de restauration, de terroir et et de location.


Face a cette réalité et grâce à ce mode de déplacement doux, le Sud-Aveyron a décidé de convertir ses kilomètres en moteur économique.  Une initiative qu'il fallait mettre en lumière. Rappelons que le Syndicat Mixte du Parc naturel régional des Grands Causses vient d'être labellisé Destination France à Vélo parmi les 30 lauréats nationaux, aux côtés de Toulouse, Perpignan ou du Haut Languedoc. Une vraie reconnaissance !

Un pari aujourd'hui gagnant !


Pourtant, et pour bien connaître le secteur, sur le papier le Sud-Aveyron n'avait pas tout pour plaire. Loin de là. 1 000 m de dénivelé, des causses arides, des villages perchés. Aussi, le PNR a fait un choix stratégique et ambitieux à savoir, " ne pas gommer le relief, mais le rendre accessible grâce au VAE et au gravel électrique." Un pari aujourd'hui gagnant. 

Ce sont 24 parcours gravel balisés créés par le Parc, de 39 à 50 km, tous téléchargeables en GPX, dont la fameuse boucle Larzac – La Couvertoirade (39,5 km, D+ 437m) sur ancienne voie ferrée, ou Saint-Affrique – Roquefort (50,7 km, D+ 1065m)  D'autre part, 11 parcours VTT autour de Millau (17 à 35 km) avec des bases VTT labellisées, vers Lévezou, Causse Noir, Viaduc, disponibles pour satifaire une clientèle tout terrain.

En appliquant également une offre Accueil Vélo en pleine structuration autour des campings, des loueurs, des offices avec abri sécurisé et borne recharge VAE, Le Sud-Aveyron applique à la lettre la recette qui marche ailleurs : 30 000€ de retombées par km d'itinéraire et par an en moyenne, jusqu'à 98 000€ sur les grands itinéraires comme la Vélodyssée. Sauf qu'ici, chaque kilomètre convertit une contrainte en produit à l'exemple de la montée vers le Larzac. Cette dernière devient une expérience panoramique sur le Viaduc de Millau, commercialisable en VAE et ce, sans souffrance.

 

« Derrière chaque itinéraire à vélo, il y a un hôtelier, un restaurateur, un loueur de cycles, un commerce de village. 33 800 emplois, souvent des TPE, souvent des artisans. En soutenant ces 30 destinations, c’est toute une économie de proximité que nous confortons. » 
Serge Papin, Ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat / octobre 2026



Sans oublier la visite des cinq cités templières (La Couvertoirade, Sainte-Eulalie-de-Cernon, La Cavalerie...) qui devient un itinéraire culturel en boucle de trois jours, avec nuitée à Saint-Affrique et dégustation à Roquefort. Autre exemple, l'ancienne voie ferrée devenue voie verte accessible aux familles à VAE.

Et le territoire ne s'arrête pas au vélo musculaire. En effet, la Communauté de Communes Millau Grands Causses a lancé Vélicausses, location de VAE à 1€/jour pour les habitants, histoire d'ancrer la pratique au quotidien. Côté tourisme, le GravelUp Camp Grands Causses affiche complet chaque année, preuve que le haut de gamme gravel + VAE attire une clientèle européenne prête à payer 519€ la semaine en demi-pension.

 

Un mouvement qui s'inscrit dans un élan national


Et c'est exactement ce que le label Destinations France à Vélo valorise en priorité. Une destination qui fait du vélo non pas une activité annexe, mais un véritable pilier de son attractivité. Ainsi, pour le Sud-Aveyron, "le kilomètre n'est plus une distance. C'est une unité de chiffre d'affaires [...] Ce que dit le Sud-Aveyron ? C'est un territoire de moyenne montagne qui n'a pas besoin d'être plat pour être cyclable. Il a besoin d'être électrique." Fin de citation

En préparant cette enquête, nous avons également consaté que le Sud-Aveyron est loin d'être isolé dans cette démarche. Ce mouvement s'inscrit dans un élan national à l'image du Grand Est avec un Plan Vélo à 125M€, 12 719 VAE aidés et 49,5M€ de retombées sur ses itinéraires. Pour le Centre-Val de Loire, ce sont 1 050 prestataires Accueil Vélo sur la Loire à Vélo, 83 places vélo garanties dans les trains REMI.

Enfin, en Bretagne avec l'incontournable Vélodyssée et ses 1 300 km, on enregistre 98 000€ par kilomètre et par an de retombées. Des chiffres encourageants et qui devraient continuer à évoluer positivement. Bref, partout la même logique : le VAE permet de passer de la ligne droite (l'itinérance A->B) à la boucle et à l'étoile, beaucoup plus rentable pour l'hébergeur local.

Avec cette embelie encourageante, tous les regards sont désormais tournés vers 2030. Avec 26 000 km de véloroutes, 20 000 prestataires Accueil Vélo, la première place mondiale devant l'Allemagne, le cap semble bien défini. Et pour le garder, le programme AVELO 3 et les 185M€ de l'État pour le schéma national sont là pour le conforter.

Le VAE n'a pas électrifié que le vélo. Il a électrifié l'économie des causses, des vallées et des villages qui pensaient être trop escarpés pour le cyclotourisme. Comme le dit le PNR des Grands Causses sur son site gravel "le territoire est taillé pour le voyage à vélo. Il fallait juste le petit moteur qui va bien pour le dompter..."

 

Ce n'est que notre avis

" Le VAE n'est plus un simple équipement, il est le déclencheur d'un élargissement sociologique du tourisme à vélo. Les régions l'ont compris en investissant dans les véloroutes, en subventionnant l'achat, en structurant Accueil Vélo et en candidatant à Destinations France à vélo. Elles transforment un loisir en levier de revitalisation rurale, d'étalement saisonnier et d'emplois non délocalisables. Avec 30 000 à 98 000 € de retombées par km et une clientèle prête à payer plus pour moins d'effort, le VAE coche vraiment toutes les cases d'un levier économique durable. Et çà, c'est formidable !"
 

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La rédaction / FRANCE SECRÈTE À VÉLO

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